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II - NOTRE HISTOIRE

B - L'Association Bourdon et le local de la rue Championnet

En 1992, l'Association Bourdon créée par M et Mme Bourdon qui avaient fait fortune grâce à la vente de tableaux décide d'aider l'Ecole du Chat : elle achète un local sis 110 rue Championnet à Paris dans le 18ème, et le met à la disposition de l'association pour lui permettre de poursuivre son action auprès des chats errants et de mettre en pratique sa politique de gestion des chats errants : « Stériliser plutôt qu'euthanasier, trapper pour la vie non pour la mort. »
Le local va accueillir pendant 12 ans plus d'un millier de chats en convalescence postopératoire, en soins, en préparation à l'adoption. Des chats de toute sorte : des sauvageons des cimetières et de la rue, des craintifs et des caractériels, des abandonnés et des « perdus », des blessés, des malades, des vieux, et des tous petits pas encore sevrés dans leurs cartons. Certains seront remis sur leur territoire, d'autres retrouveront la chaleur d'un foyer, d'autres mourront malgré tous nos soins..

Le local a fonctionné grâce au dévouement des bénévoles mais aussi grâce aux emplois aidés par l'état : CES, Contrat Initiative Emploi, Emploi Jeune...
Le nombre des abandons toujours plus important que celui des adoptions et la raréfaction des territoires suffisamment sécurisés pour relâcher les chats, entraînaient inévitablement la surpopulation et son corollaire : les épidémies - fléaux endémiques des refuges-

Pour les combattre, nous organisions des opérations de « Désinfection terminale au formol »

Ce jour là, on commençait vers 18 heures après une journée de travail..
Premier objectif : localiser et attraper les chats pour les mettre dans des cages : les plus familiers obtempéraient facilement....les craintifs avaient le chic pour se cacher dans les endroits les plus invraisemblables, quant aux caractériels, ils étaient toutes griffes dehors .... L'épopée durait 4 à 5 heures : à minuit, on y était !
Les chats étaient tous dans les paniers ou les cages à dinde (4 par cage), et, liste des chats en main, on les comptait et on les recomptait pour être sûrs de ne pas en oublier ! On transportait alors les cages dans un camion qu'on nous avait prêté, et où les chats allaient passer la nuit.
Une autre fois, un voisin avait mis à notre disposition son garage pour la nuit : on y mettait alors tous les chats dans leurs cages.
Puis on commençait le calfeutrage des portes et des fenêtres, on allumait les bougies et on sortait en courant......
La nuit était courte.
Le lendemain matin : 6 heures : on était sur les lieux : armées de masques, on allait ouvrir en grand portes et fenêtres... ;
Le café du coin ouvrait : on étaient les premiers clients, et c'est là qu'on attendait que l'aération du local soit terminée : au bout d'une heure, on revenait, on fermait une nouvelle fois les issues, et on allumait la deuxième série de bougies pour neutraliser.
Midi : Opération terminée : on ouvrait et aérait en grand et on rentrait les cages et leur occupants.
Après ces opérations, les virus lâchaient prise, et nous laissaient un peu de répit..

Mais l'ampleur de la tâche était énorme.
Aux problèmes financiers liées au nombre toujours croissant de chats non adoptables s'ajoutaient les plaintes du voisinage relatives aux nuisances, les conflits avec les employés grands utilisateurs des « prud'hommes », et avec l'Association Bourdon qui nous assignait devant le Tribunal de Grande Instance pour nous expulser du local pour non respect du Commodat sous le motif d'absence de gardien et d'activité commerciale (l'huissier avait pris soin de noter la présence de sacs de croquettes, ce qui laissait supposer que nous les vendions !) Nous sommes alors condamnés à quitter les lieux !
Nous faisons appel et sommes alors autorisés à rester sur les lieux jusqu'à la fin du bail le 30 juin 2004.

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